Beacher à marée haute
bonjour,
si on était obligé de beacher à marée haute, est-ce qu'on est sûr de pouvoir repartir ?
Est-ce qu'il y a des "trucs" à connaître ou à appliquer?
ça me fait penser à une épreuve du Camel Trophy, où on demandait aux candidats comment se desensabler avec le treuil au milieu du désert, sans point d'attache existant ...
merci, bonne journée
:reflechi:
En premier lieu, regarder les coeffs de marée: s'ils baissent dans les jours suivants, c'est mort jusqu'à la prochaine marée de même coefficient... Si c'est une marée d'équinoxe ça peut être 6 mois...
Puis voir la météo: en cas de dépression, il peut y avoir une surcote jusqu'à 40 cm, donc même souci.
Ensuite, pour affiner, faire un calcul de hauteur (voir fils sur la règle des douzièmes).
Et mettre une ancre en arrière, côté mer, pour pouvoir se déhaler à la marée haute suivante, et éviter que le bateau ne remonte de marée en marée.
Il me semble que Bruno L a bien résumé , je ne rajouterai que de faire attention à la pente du fond , si celle ci est trop accentuée le bateau ne posera pas à plat mais surtout il y a de fortes chances qu'une vague de shore break se crée et tape fortement la coque , que le bateau se mette en travers et que les vagues viennent le frapper par le travers ainsi qu'à la marée montante suivante .
Si vous désirez arriver face à la plage et poser la proue au bord je vous conseille de mouiller une ancre par l'arrière à une quarantaine de mètres du bord , de laisser filer en avançant jusqu'à toucher le fond puis de tendre la ligne de mouillage pour que le bateau reste perpendiculaire à la plage , qu'il ne se mette pas en travers , de plus cela peut servir pour se déhaler au moment de repartir .
Si le safran peut se relever il me semble préférable de de faire la manœuvre dans l'autre sens , sans aller jusqu'à " poser " la poupe sur la plage bien sur mais là ce n'est plus beacher .
un truc qui decoule de l'explication de Bruno :
s"échouer une heure apres la pleine mer ce qui corresponds a 1/12 du marnage ainsi on a un pieds de pilote qui permet de faire face aux incertitudes multiple ...
Selon le coefficient et le lieu, ce n'est vraiment pas une bonne idée.
Pour assurer, il faut beacher au plus haut, puis reculer pour chercher la hauteur d'eau correspondant à ce que l'on va perdre sur les marées suivantes.
Pour palier aux faiblesses du moteur et aux faibles erreurs de calcul, il faut enfouir une ancre sur l'arrière, et se préparer à la reprendre sur les winchs à l'heure du départ.
Si le bateau n'est pas manœuvrant, ne pas hésiter à mettre l'annexe, il ne faut pas que le bateau de mette en travers !!!!!!!!!!!!!
regarde la différence de hauteur en 24h sur plusieurs coefficients, et calcule un 1/12 sur ces mêmes jours. Puisque tu parles de décote, tu constateras que ce n'est vraiment pas une bonne idée.
mesurer comment ???
c'est une blague ou de la mauvaise foi ?
La décote ?? lorsqu'on en arrive à calculer des 10 à 20cm de décote, on est soit sacrément joueur, soit sacrément sûr de soi. Lorsqu'on vient poser ce genre de question sur un forum, on n'est certainement pas sacrément bon..............
Allons un petit effort, je vous laisse encore quelques minutes pour corriger, juste le temps d'éditer.......
Je regarde aussi les laisses de pleine mer du lieu où je veux échouer, où en est la lune dans son cycle est elle croissante ou décroissante, est elle gibbeuse, ou non...
la pression moyenne est à 1015 et non 1025.
Je ne prends pas de décote positive ou négative, ni de vent contraire ou non, sinon on ne va pas en finir.
je prends le port de St Malo, puisque vous le citez.
Je prends un coef moyen, le 21 octobre.
il y a +-70 cm au 1/12 de la marée du soir, et 10.80 à la marée du soir.
le lendemain soir, il me reste 9.80m soit 1m de moins.
Il me manque donc 30cm pour partir. 30cms sur du galet, ça peut le faire au winch, pas sur du sable.
Quant à la décote, il me faudrait une dépression à 985 pour flotter à nouveau.
Anecdote : il y a quelques années, en Rance, les gestionnaires de l'usine marée-motrice ont décidé de ne pas monter le niveau coté bassin aussi haut au printemps qu'ils l'avaient fait à l'automne...
Quelques uns se sont fait avoir et ont du réclamer qu'à la prochaine grande marée ce soit fait "comme d'habitude". Heureusement qu'il y avait une personne "influente" dans les réclamants.
Donner des conseils sur un échouage à pleine mer, ce n'est pas comme donner son avis sur la quantité de beurre à mettre dans le kouign amann. De la réponse peuvent en découler des scénarios catastrophiques selon l'exposition à la houle ou la météo à venir, bien loin de l'intervention à 400€ de l'heure d'un engin de TP.
On en n'est pas à des discussions sans fin de comptoir, les réponses données peuvent être lues sur des décennies.
Pour le reste, je vous laisse avec votre plume, vous me semblez bien parti.
Beacher à marée haute n'a rien de compliquer, la preuve il y en a qui y arrive sans équipage à bord.
par contre en ressortir, c'est autrement plus difficile que de faire fondre du beurre au four.
pas trop d'accord ,"chercher la hauteur d'eau correspondant à ce que l'on va perdre"
déjà dans un premier temps tu ne sais pas si la marée est en surcote ou en decote ..et sur la marée suivante tu ne sais rien de ce qui va se passer dans un sens ou dans l'autre ...
et mesurer comment ? ou devant ,milieu ou arriere ??
soyons pratique ...on echoue 1h apres la pleine mer ,c'est simple ,facile et ça marche (enfin moi ça marche depuis ....)
bon je m'explique
10mb de plus ou de moins par rapport a 1025 donne 10cm de plus ou de moins par rapport aux predilections de la hauteur de pleine mer ... reste l'effet du vent etc ...
donc on regarde son barometre le jour de l'echouage et on a une idée de la surcote ou decote
pour un marnage de 3m ,1/12 ça donne 0.25m ..
donc en s'échouant 1h apres la PM ça devrait le faire et comme on ne sait ou l'echouage aura lieu ...et l'on peut supposer que l'on s'echoue par beau temps
moi j'echouais à St Malo ...12m de marnage en VE soit 1m en 1h ..alors decote ou pas ...
maintenant je suis dans le Morbihan 1h ça marche aussi ...
non la pression moyenne est de 1013 pas 1015 ni 1025..mais bon
et si j'arrive une heure apres un coeff de 119 et si je desire repartir avec un coeff 21....il se passe quoi ???
faut etre un peut logique aussi...sinon c'est un roman qu'il faudra ecrire .
et à St Malo il n'y pas de galets mais du beau sable
et bien moi Duduche je me suis fait avoir en Rance pour cette raison ... la galere le lendemain j'ai du creuser un sillon !!!
mais oui c'est impensable ce que tu dis , je ne mange que du kouign amann de la boulangerie des Plomarc'h à Douarnenez prés des halls champion du monde de la specialité ....
c'est infiniment plus compliqué de faire un vrai Kouign amann que de beacher à marée haute ça c'est certain ...ou alors l'on est dans du n'importe quoi
:mdr: :oups:
un bon marin est un mec qui fera son kouing amann à bord beaché en haut de la plage avec un baro en baisse, des coefficients de marée en baisse, mais il s'en tape il a son kouing amann!!
que de très bons conseils que j'approuve totalement, nous avons pratiqué ce genre de mouillage avec un DI pendant 20 ans et je ne trouve rien à redire. Ce sont des pros ! Il faut bien suivre leurs conseils mais aussi ne pas se mettre n'importe où. Quand on est surpris par le mauvais temps on peut larguer le mouillage arrière pour partir en tirant sur le mouillage avant et en mettant le moteur dès qu'il y a assez d'eau, revenir le chercher après est souvent possible.
Pour avoir eu plusieurs DI, j'essaie aussi souvent que je peux d'echouer plutôt autour de la mi marée, 1 h avant ou après. L'eau monte beaucoup plus vite et le bateau tosse beaucoup moins longtemps.
S'échouer à marée haute, oui, mais pour combien de temps ?
Les anciens laissaient parfois leurs bateaux en haut d'une grève, pour l'hiver ou même plus de 6 mois. Le bateau était ainsi à l'eau aux grandes marées ce qui permettait au bois de ne pas sécher.
Si c'est pour passer la nuit et repartir le lendemain le problème est différent...
Mais globalement tu as déjà toutes les réponses :famille:
Sinon pour l'heure à laquelle échouer dépendra aussi de l'heure à laquelle tu voudras être à flot à la marée suivante. En intégrant la marge d'erreur due aux surcote/décote qui peuvent varier d'une marée à l'autre.
Regardes les marégrammes sur le site du SHOM ou sur maree.info ou fait les calculs avec la règle des douzièmes qui est une bonne approximation.
les anciens , les anciens , dit aussi que je suis un vieillard non mais !!!
pour ma part c'est ce que j'ai toujours fait mettre mon bateau en haut d'une greve pour passer l'hiver ...
cette année j'ai eu du pot :il a flotté 1/4h avant la pleine mer de VE ,j'avais des sueurs froide !!!
Mais non José je n'ai pas dit ni pensé que tu étais un vieillard, tu peux parfaitement appliquer des procédures ancestrales éprouvées, sans pour autant passer pour sénile... heureusement.
Et pour PapyManu, qui a aussi raison de souligner que le clapot peut être destructeur s'il fait tosser le bateau au moment de l'échouage ou de la remise à flot, je dirais que les anciens qui n'étaient pas cons faisaient ça dans des baies ou estuaires abrités, ou bâtissaient un brise-clapot, parfois submersible à marée haute mais fonctionnel à la bonne hauteur. Le petit port de Gwin Zegal, à Plouha, est un bel exemple de leur génie, civil et intellectuel...
Ne pas oublier aussi que selon l'état de la mer le bateau cogne méchant sur les fonds en fin et début de marée ...
Dans un mouillage parfaitement abrité (je pense à Chausey par exemple), les vagues ne sont pas un problème. Ce sera plutôt le vent et le courant qui fera pivoter le bateau une fois à flot.
Pour beacher "à marée haute", je favoriserai tout de même un coefficient montant, ça limite les interrogations.
On ne "beache" pas à marée haute sauf si on veut hiverner son bateau sur une grève ou bien quand on a une voie d'eau qui réclame cette urgence.
Beacher signifie arriver sur une plage avec de l'erre, ce qui ne peut se faire qu'à marée descendante et dans des conditions spécifiques de calme de vitesse suffisante et d’absence de courant traversier pour ne pas se mettre en travers de la pente de la plage. Oui, c'est important parce que la pente d'une plage est toujours plus prononcée au voisinage de la laisse de haute mer.
Donc échouer oui, mais pas à marée haute sous peine d'y rester un bon moment car malgré des calculs savants il y a toujours un paramètre inconnu qui nous échappe.
Donc, échouer au maximum une heure avant ou après PM en prenant soin de regarder les hauteurs d'eau des marées suivantes.
Je veux dire se mettre en condition d'échouer, ancrage, et béquillage s'il y a, après avoir tâté le fond avec délicatesse (sans tosser).
Mais de toute façon, je fais rarement cela. Car près de la PM, c'est là que le risque de clapot est le plus important.
Je viens de me rendre compte que mon intervention précédente était inepte. mea culpa, pardon famille tout ça... Allez, je me remets au boulot. :-p :acheval:
Disons que la question pourrait en faire réfléchir ou douter certains pendant des heures.
"Lors d'une course, je double le 3ème, quelle est alors ma place ?"..........
Pour Seatuveux : en dehors des précautions à prendre sur l'heure, il faut aussi éviter à mon avis, de se poser dans une baie ouverte.
Si on échoue par exemple à PM +2, on va reflotter à peu près 8 heures après, et si un méchant clapot se lève du coté exposé, le bateau va cogner à chaque vague, avant de flotter.
Les brises thermiques sont assez fréquentes en été + les risques de passage d'une navette ou d'un bateau de pêche qui lèvent des grosses vagues.
En BZH Sud : Sauzon, les ports d'Hoedic, Gavres ... ce sera très bien.
A contrario, je n'aurais jamais osé me poser sur la grande plage de Houat.
Port d'argol à hoedic c'est pas gagné non plus. En regime anticyclonique tu vas beacher l'après midi avec du thermique, très bien. La nuit le vent repasse au nord c'est moins bien....en fait on a pas des masses de coin pour beacher sans risques.
réchauffement climatique => fonte des calottes glaciaires => montée prévisible du niveau moyen des mers => pas de soucis à se faire à échouer à marée haute, le bateau reflottera bien un jour !!
quand on sera en période de refroidissement glaciaire, là par contre... il peut bien se passer 80 000 ans avant que l'océan ne revienne :D