jnf 34. modification du safran
Bonsoir à tous,
je viens de racheter Isatis, un JNF 34 alu qui avait appartenu à mes parents il y a 30 ans et avec lequel ils avaient fait un beau voyage ( transat, antilles , Venezuela, puis tour de la méditerranée... ) pendant 10 ans.
Le JNF 34 a été surtout construit en acier par le chantier Voisin. Isatis a été construit en alu, par Loic Quélo, à Saint Philibert dans le Morbihan.
J'ai eu l'occasion de pas mal naviguer sur ce bateau, et j'en garde le souvenir d'un bateau solide, marin, sécurisant. Par contre, les différents propriétaires, mes parents et moi avions gardé le souvenir d'un bateau assez dur à la barre ( safran compensé mais large et peu profond because dériveur lesté ) .
2 questions :
- certains d'entre vous ont ils essayé de diminuer la largeur su safran ? ( Stéphane, le précédent propriétaire, avait écrit au cabinet d'archi Joubert- Nivelt. La solution proposée était le rajout d'un skeg ...ça me parait lourd...)
- il s'agit d'un bateau assez peu connu et ancien... Intérêt de création d'un club sur H&O ??
Peut être que ta compensation de safran n'est pas assez grande? Bon c'est lourd a modifier aussi, je connais, j'ai aussi un dériveur leste de 34p avec safran sans compensation que je ne peux pas modifier, j'ai mis un régulateur d'allure et je ne barre pas...
Il y a quand même eu pas mal de JNF 34 en Bretagne, alu et acier. C'est un superbe bateau.
Tu as racheté le bleu clair à carré arrière qui était en annonce sur LBC ?
Je connais fort bien ce type de carène à double bouchains et sole plate, avec une dérive secteur tôle assez avancée, + un safran large et court. J'en ai commis une ou deux aussi sur ma table à dessin.
Ils ont tous la même caractéristique, que ce soit le Sauvignon et Beaujolais 1040 (Harlé), le Jojo (Villenave), le JNF (Joubert). C'est dur à la barre franche, et cela d'autant plus que le bateau est gros et lourd. J'ai navigué sur tous, et quelques autres, des mêmes architectes.
Il y a plusieurs solutions possibles :
1) Avant de faire des travaux lourds : un jeu de voile de qualité pas trop creux et bien réglé change complètement la donne. On évitera par exemple le génois enrouleur à grand recouvrement bien sac à patate, qui rend ces bateaux infernaux. Dès qu'il y a de la brise, on hisse un foc de brise polyvalent sur étai largable très avancé. Ces carènes se redressent, accélèrent et retrouvent un très bon équilibre, à tel point que la barre est douce et dans l'axe, alors qu'elle était en travers et très dure 15 minutes avant...
2) Un aileron plus large devant le safran (skeg), qui va participer au plan antidérive. Il faut que l'ensemble aileron + safran ait un profil naca propre, pour que l'essentiel de la portance se fasse sur le tiers avant, c'est à dire l'aileron fixe et l'avant du safran. On y gagne énormément en stabilité de route et la barre devient moins dure.
3) La dérive arrière : radical. Sabre devant le safran, comme sur mon Maracuja 42, dont le safran est un panneau de chalut qui rend le bateau ingouvernable. Mais les travaux deviennent considérables, surtout si l'hélice ne le permet pas.
3) les doubles dérives sabres inclinées de part et d'autre de la Jupe. J'ai vu beaucoup de bateaux avec ce type d'ajout. Un pro de l'alu fait des puits facilement, et le proprio fait ses dérive sabres en CP stratifié. C'est simple.
4) déporter le safran sur le tableau et le faire relevable sabre, comme sur le Jurançon et le Sauvignon. Gros travaux et jupe bousillée...
5) remplacer la barre franche par une barre à roue...
6) Sur mon Ne Quid Nimis (avant le Maracuja), j'ai augmenté la compensation du safran par petite touches. cm par cm, jusqu'à obtenir un équilibre impeccable. Mais l'aileron était partiel et le safran qui dépassait dessous permettait la transformation à moindre frais. UN bon jeu de voile a bien sûr fait partie de la solution, et s'est révélé la solution la plus efficace.
7) Solution ultime sur un île sous le vent, ingouvernable (dériveur à quille longue, de 13,5 m). Un fletner à l'arrière du safran avec une barre auxiliaire sur la grande barre franche. On barrait sur la barre du fletner !
Tu as de quoi faire !
Edit :
8) une hélice à mise en drapeau aide bien en évitant les perturbations dans le safran.
9) dès qu'il y a de la brise, la dérive doit être partiellement remontée. Sur le premier tiers, ça diminue peu le tirant d'eau, mais ça recule de 40 à 50 cm le bas de la dérive. Ca aide beaucoup.
Une solution très efficace..
ce qui serait bien c'est de calculer ce safran pour savoir s'il est correct ou du moins pour avoir un debut de piste ou pas
Merci pour vos réponses... Etoffées, et plusieurs pistes à explorer...
ci dessous les cotes du safran actuel.
Il y a effectivement 2 dérives sabre sur la jupe arrière.
L'hélice à pales repliables, je n'y avais pas pensé.
Peut être de façon naïve, je pensais essayer de diminuer la largeur du safran de quelques cm ?
Bonne soirée et bon vent à tous
PS pour matelot 101, oui, c'était bien l'annonce sur LBC en septembre, la bande bleue.
C'est trompeur, mais le carré n'est pas arrière, la table du carré est en fait le capot du moteur.
yapluka... je crois que je vais essayer d'augmenter la compensation dans un premier temps.
c'est quand même marrant, à notre époque où tout est mesuré, calculé, prévu, de faire chacun nos bricoles, de tester, de se planter ou d'améliorer, et surtout d'échanger...
...Merci à tous !!
Il est impossible de déterminer les cotes du safran et de calculer la compensation de la manière dont les cotes sont prises. Il faudrait prendre les mesures par rapport à l'axe de la mèche ou son prolongement, notamment :
La cote h mais mesurée par rapport à l'axe de la mèche (bord de fuite en haut - axe mèche), perpendiculairement à l'axe de la mèche
La cote f mais mesurée par rapport à l'axe de la mèche (bord d'attaque en haut - axe mèche), perpendiculairement à l'axe de la mèche
La cote b mais mesurée par rapport à l'axe de la mèche (bord de fuite en bas - axe mèche), perpendiculairement à l'axe de la mèche
La distance entre le haut de la compensation (entre d et e) et l'intersection du bord d'attaque avec l'axe de la mèche, mesurée le long de l'axe de la mèche.
Voici le détail de la photo postée par Matelot101. On est très loin des 10% de compensation.
J avais fait refaire le safran de mon premier bateau ,un Fandango.
Le chantier qui l avait refait était parti sur les règles de compensation qui précisait 7/100 maximum.
Avec cette compensation la barre était devenue très agréable et le pilote ne forçait plus.
Voila mon expérience d il y a trente ans