Louvoyer intelligemment
Bonjourà tous.
J'ouvre ce fil pour tenter de répondre à une question qui m'obsède.
Comment louvoyer avec le meilleur rendement? Je m'explique dans mon bassin de nav le vent dominant vient toujours de l'endroit où je veux aller.
J'ai essayé divers méthode pour remonter au vent en perdant le moins de temps possible, mais j'avoue que je suis un peu perdu.
La méthode avec le point visé dans sons épaule arrière semble bien fonctionner mais je me pose une question (bête) pour gagner au max sur le vent. Vaut il mieux multiplier les virements, faire une route en zig Zag et ainsi parcourir le moins de distance. Ou vaut il mieux faire le moins de bord possible (distance plus longue mais avec un meilleur vmg ? C est une question que je me pose souvent au près.
dans mon bassin de nav le vent dominant vient toujours de l'endroit où je veux aller.
Ca a l'air de se passer comme ça dans beaucoup, beaucoup de zones de navigation :)
Les virements prennent un peu de temps... il faut privilégier les bords longs, mais ne pas sortir du cône de louvoyage sinon on fait de la route en trop.
Mais le vent peut être joueur et varier en force et en direction durant le parcours... une refusante fait perdre du terrain sur un bord, sur l'autre la même risée adonnera... faut-il virer ou abattre un poil, et loffer ensuite ? Selon la vivacité de l'équipage et la capacité de relance... C'est tout un art. Il faut bien connaître son bateau.
En général on commence par des bords long et au fur et à mesure qu'on approche de la cible les bords sont plus courts.
Que tu fasses beaucoup ou peu de virement, la distance est la même.
En théorie, les virements ne sont pas (ou peu) pénalisants si réalisé parfaitement. Il y a un petit moment, ou avec l’inertie le bateau remonte face au vent.
En pratique, moins tu en fait, mieux tu te portes.
Il faut surtout surveiller le compas, et virer quand sa . Garder le bord le plus longtemps possible quand ca .
Préparer la météo pour savoir comment ca va évoluer peux aussi aider.
Un lien avec des exemples et des dessins. Là c'est pour la navigation en croisière avec un bateau qui marche à 45° du vent. Pour optimiser la route avec un bateau qui remonte à 35° du vent, on va tracer un "cône de louvoyage" et tire des bords entre ces bords du cône (ou triangle isocèle) donc de grands bord au début puis de plus en plus petits ...
Si le vent est stable, les mathématiques disent que 2 grands bord sont mieux car on a qu'une seule manoeuvre à faire. Dans la vraie vie, le vent va varier de quelques degrés, il est sage de ne pas allez trop loin pour être en position de choisir le côté gauche ou droite du plan d'eau, d'où des bords plus courts, mais plus de virements de bord, il faut un bon équipage sur un bon bateau.
Mon skipper, lui regarde d'où vient le vent et décide d'aller là où on peut aller sous spi ...En croisière longue on préfère prendre du vent portant dès le début. Ensuite si le retour se fait au prés, on va râler un peu mais il y a des chances que l'on reviennent aussi sous spi. alors que si on commence par du prés ...on reviendra peut être au portant, mais on peut aussi devoir revenir au près.
La perte de temps lors des virements dépend du bateau, de l'équipage et des conditions météo. Sauf virement à bascule en dériveur dans le petit temps, on perd toujours du temps lors des virements, et de plus en plus à mesure que le vent forcit.
Il y a des conditions ou il est préférable de virer souvent, par exemple pour garder une veine de vent ou de courant portant, ou pour éviter un courant contraire.
Le vent n'est jamais parfaitement dans l'axe, il y a un bord qui rapproche plus de la destination que l'autre, et comme en général le vent oscille, ce bord peut changer, il faut surveiller les oscillations du vent, en utilisant le compas. Relever la direction moyenne du vent en début de navigation, et vérifier qu'on est toujours dans le bon secteur. Si par exemple le bateau peut remonter au près à 50 degrés du vent réel (100 degrés d'un bord sur l'autre), vérifier que le cap au près est à moins de 50° du cap du vent qu'on a relevé. Si on est à plus de 50° et qu'on est bien au près, c'est que le vent a tourné et que l'autre bord est plus favorable.
Si il y un bord plus approchant que l'autre il faut commencer par celui là.
Si le vent va tourner il faut prendre le bord qui va vers le futur vent.
Tout ce que l'on peut gagner au vent il faut le prendre c'est toujours cela de moins a faire.
Et enfin faire vraiment du près! merci les penons...très importants les penons:un très bon près avec des bons réglages.
Dans ces situations si il y a un changement de barreur qui pose la question du cap la réponse c'est fais du près!^^
Merci à tous pour vos réponses instructives.
Si je vous suit bien. L'idée générale est de passer le plus de temps possible sur le bord rapprochant. Et de ne jamais sortir du cône...
Si le vent refuse on vire tout de suite.
C'est en fait ce que j'essaye de faire globalement.
En revanche, je ne commence pas toujours par le bord le plus rapprochant car celui est moins franc et je dois virer très vite pour éviter une digue...j ai tendance à m'éloigner au près pour me donner plus d'angle pour le bord suivant. Ai je raison où dois je tout de même commencer par le bord rapprochant en serrant au plus près les "obstacles"?
Le problème sur mon bassin (rade de brest) c est que pour faire moulin blanc le goulet par ouest on a en fait un "demi cône" toute la partie tribord étant le port de commerce et militaire.
A ce qui connaissent le secteur. Vaut il mieux dans ces conditions faire moulin blanc ile ronde ile ronde le goulet (grossomodo) quitte à sortir du cône largement. Ou vaut il mieux louvoyer à peu près dans l'axe du pont quitte à multiplier franchement les virements (10/15)en général ?
En rade de Brest, le courant n'est pas négligable. Il fait partie des priorités. Par exempple, je me souviens qu'il existe un contre-courant le long de la jetée où les régatiers tirent des bords de 5 à 10 longueurs.
Sinon raisonnement global est bon.
Une remarque :
"Si le vent refuse on vire tout de suite." . Je conseille de ne pas virer immédiatement et d'attendre qu'elle soit confirmée. .
Palatrek : bon résumé sur le bord qui rapproche... juste un petit détail on ne vire pas dès que ça refuse, avec un peu de chance c'est un couloir en fonction du relief ou une langue de vent, donc on s'enfonce un peu dans un refus pour profiter plus de l'adonnante sur l'autre bord. Si on vire dès le refus on n'aura que peut sur l'autre bord, à moins qu'il s'agisse d'un début de bascule.
il faut connaitre sous quel angle le bateau vire d'un bord à l'autre c'est indispensable et perso j'utilise pour virer le compas de relevement pour savoir quand je dois le faire et pour connaitre la route que je vais avoir ..sans oublier les courants dans un coin de la tête
Idée loufoque.
Changer ton sangria pour un voilier redoutable au près. Exemple: voiliers de la jauge internationale.
Plus facilement:
Rester dans les "laylines".
Sur les vidéos de la coupe de l'América en cours, elles sont représentées en rouge. On constate que les concurrents les dépassent légèrement pour être un micro poil abattu et gagner de la vitesse + assurer le coup.
Pour toi, hors variation du vent, du courant, ... si le gisement de ton but atteint 60°, il est temps de réveiller les équipiers pour virer.
Et un pilote automatique en mode vent suivra ses variations sans problème, mais sous surveillance bien sûr.
Enfin, si tu connais quelques régatiers de la rade, je pense qu'ils devraient pouvoir te faire connaître les ruses d'optimisation dans l'utilisation des courants locaux.
Et si le vent est toujours de face, il vaut mieux privilégier un bateau qui a un angle de "cône de louvoyage" faible : privilégier les GTE au détriment des PTE et des dériveurs. (sauf cas particulier)
pour le courant: ben si il est avec toi parfait il faut en profiter, si il est contre toi ...ben faut lutter contre lui, quand tu fais du sur place ou de la marche arrière ben faut changer de plan^^.
Ah oui en rade de Brest il y a du courant ...une fois j'ai vu un voilier avec deux enrouleurs faire du près pour remonter au maximum et se mettre dans la bonne trajectoire, le courant était contre lui.
Comme pour virer il fallait entièrement rouler son génois pour le faire passer sur l'autre bord, tout le temps perdu à faire cela et bien le courant lui a fait perdre tout ce qu'il avait gagné au vent...retour case départ!
J'ai oublié une aide à la navigation qui existe souvent à la pointe du Finistère: Les nuages! ;-)
En effet, suivant si tu passes à gauche ou à droite, tu auras un refus ou une adonnante.
C'est dommage de choisir le mauvais côté.
Connaître l’angle au près apportant là meilleure vmg de la polaire du bateau est intéressant également. Cet angle varie en fonction de la force du vent.
Re bonjour à tous.
Il est vrai que je n'ai pas parlé du courant parce que la question était initialement globale sur la meilleure méthode pour louvoyer
Je connais assez bien la rade pour connaître les courants et les effets de site ( adonnante et refusante des reliefs notamment )
D une manière générale je navigue toujours avec le jus surtout pour passer le goulet.
Vous avez l air assez unanime sur le fait de ne jamais sortir de ce triangle.
Il est probable que parfois je reste trop longtemps sur le bord s éloignant avec l idée de me laisser un meilleur angle en cas de refusante éventuelle.
Alors qu il faut rester dans ce cadre et agir si adonnante ou refusante et ne pas les anticiper.
Finalement virer quand le cap est dans l'épaule arrière arrière du barreur doit permettre de plus ou moi rester avec ce gisement d'une cinquantaine de degré non ?
Globalement, tu raisonne bien.
Toutefois, les règles intangibles souffrent d' exceptions dans les zones de courant .
En particulier la règle :" Si il y un bord plus approchant que l'autre il faut commencer par celui là".
Par exemple, s'il faut tirer le "mauvais" bord qui permet de chercher un courant nettement moins fort à 1/2 mille, il faut aller le chercher.
Autre point:
Les prévisions météo côtières sont précises, si une bascule est prévue, dans les heures suivantes, il faut l'avoir en tête et privilégier le coté d'où viendra le vent.
Quelle que soit l'allure, si tu sors du goulet avec le courant favorable, mieux vaut rester au milieu, attention au Mengam quand même :o)))
Si le courant est défavorable, mieux vaut emprunter la passe sud à raser la presqu'île de Roscanvel. Attention cependant au passage entre la Cormorandière et la pointe des espagnols, qui concentre un courant important (voire le plus important de la rade) par fort coef. La pointe crée aussi un effet de site qui voit de plus le vent refuser à cet endroit (vent d'ouest).
Sortir au près vent contre courant peut aussi lever un très gros clapot pas très agréable.
Pas toujours simple la rade de Brest !
Ce matin les mouches ont mal!
Avec quelques instruments, il est facile de mesurer et optimiser cela...
-Le VMG
-La vitesse fond + vitesse surface
-le AWA
Je vise 5,5nds de vitesse, et je serre le cap au max. ex si je vais à 6nds c'est que je suis trop abattu.
si je vais moins vite, trop loffé ... ou pas assez toilé par rapport au vent.
Dans la brise sous trinquette c'est plutôt 35° sous le vent d'une cote, dans du temps plus maniable, 31/32.
Le pilote en mode vent barre au moins aussi bien que moi!
Je sais que mon bateau fait 90° d'un bord sur l'autre par mer maniable (un mer qui n'arrête pas le bateau tous les 50m!)... c'est assez stable et varie peu en fonction de la force du vent... tant que je garde de la vitesse simplement.
pour savoir quand virer, c'est simplement un compas de relèvement qui me le dis. COG + ou - 95° pour avoir une petite marge si il y a un cap a passer ou un point à atteindre.
Base géométrique incontestable à avoir toujours en tête: dans un triangle équilatéral les angles font 60° et les côtés sont égaux donc quand on parcours deux côtés on fait deux fois la route d'un côté.
(Cette propriété qui donne une idée de la pénalité d'un mauvais près, est par contre très utile, au besoin appliquée au trapèze, à connaitre quand on veut faire un décalage de route pour revenir ensuite sur la route initiale).
Note: dans une veine de fluide en mouvement dans un tube ou un chenal,sa vitesse tend à devenir nulle à la paroi.
Un virement fait "perdre" 3 longueurs, ou une quinzaine de secondes, si bien fait. Donc - tpujours comme ordre de grandeur - éviter de virer plus fréquemment que 5', je dirais.
vos bateaux ont-ils les mêmes performances en bâbord et tribord amure ?
j'ai une amure meilleurs que l'autre sans jamais avoir compris pourquoi. il faut donc en tenir compte.
que tu tires des petits bords ou deux grands la distance est la même ,par contre à chaque virement de bord tu arrêtes le voilier et il faut le relancer .
mais il y a toujours un bord meilleur que l'autre ,la mer n'est jamais dans l'axe du vent (demander à coriolis)
donc c'est au navigateur d'apprécier .si le vent vient de terre ,il y aura moins de mer près de la côte ,et on peut aussi se servir des courants: 1nds de courant c'est 20% de vitesse en plus si tu marches à 5nds ,s'il est favorable et il le sera plus sur un bord .
c"est justement ce qui fait gagner les régatiers ,car une régate se gagne au près .
alain